L’île de Pâques

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La Légende de l’Homme-Oiseau
Tous les printemps, la plus grande fête de l’année avait lieu. C’était une compétition où chaque participant doit s’emparer d’un oeuf. Elle est précédée d’une cérémonie religieuse consacrée au culte de l’Homme-Oiseau. C’est la fête de «Tangata Manu». L’objectif de cette fête est de désigner un second roi sur l’île pour un an. Le concurrent ( une personne influente ) est représentée par un serviteur ( le Hopu ). Celui ci se dirige avec les autres concurrents à la falaise d’Orongo et se rend vers l’île de l’Homme Oiseau qui est la plus éloignée ( environ à 2 Kilomètres de la côte ). Ils doivent ramener le premier oeuf de sterne ( des hirondelles de mer ou Manutara dans le language local ) pondu sur l’îlot de Moto Nui. Il faut pour cela, grimper une falaise à pic de 180 mètres et ramener l’oeuf sur sa tête sans évidemment le briser. Pendant la compétition, la population observe sur la pente en face de l’îlot pour attendre le vainqueur et bien veiller au respect des règles. Le site d’Orongo était situé sur la partie de la crête du cratère du Rano Kao qui surplombe les hautes falaises noires où se trouve un village avec des maisons en forme de pirogue faites de pierres.

L’île de l’Homme-Oiseau vu depuis le site d’Orongo ( c’est l’îlot le plus éloigné )
Celui qui ramène l’oeuf à son maître, prend alors le nom d’Homme-Oiseau ( ou dans la langue locale le Tangata manu ); il incarne sur Terre le Dieu Maké Maké : le créateur de l’univers. Le maître gagnait un pouvoir considérable pour une année : il devenait le second roi de l’île ou obtenait un titre de chef militaire ( quand on sait que les tribus se bataillaient régulièrement, on peut mieux percevoir l’importance de cet homme ). Cette compétition dura jusqu’à la fin du XIX eme siècle, elle finira par disparaître du fait de la présence de très peu de pascuans d’origine au fil des années, les traditions se perdant. Après la fête, le guerrier qui rapporte l’oeuf se fera raser le crâne et devra séjourner pendant un an ( jusqu’à la prochaine célébration ) dans une grotte. Très peu de personnes ont le droit de le voir et ses repas sont préparés par les quelques personnes habilitées à le faire ( essentiellement des prêtres ). Il était soumis à de sévères interdits du fait de son caractère sacré.

L’écriture Rongo-Rongo
–L’écriture Rongo-Rongo, est aperçue pour la première fois par un européen en 1870 par le missionnaire Hypolite Roussel. Il découvre dans les mains des habitants locaux des tablettes de bois recouvertes de signes gravés. Les Pascuans les appellent « Ko Hau Rongo Rongo » que le peu traduire littéralement par « Bois Parlants » ( ou selon d’autre personne «bâton de chantre» ). Pour des raisons obscures ( ou peut-être par obscurantisme… ), les missionnaires présents sur l’île donnent l’ordre de toutes les détruire ( la majorité sont brûlées, au nom d’un idéal religieux qui ne tolérait pas les reliques païennes ). De cette période, il ne reste plus aujourd’hui que 21 tablettes dans le monde. ( Elles sont dispersées dans des musées et dans quelques collections de particuliers ; le musée de Braine-le-Comte en Belgique en possède d’ailleurs une importante partie ). En outre, aucune datation ne c’est montrée concluante, leur âge reste actuellement indéterminé ( on ne peut que donner une vague estimation de leur âge ). Comme on peut aisément l’observer sur les photos ici présentes, on reconnaît nettement des représentations d’hommes, des objets quotidiens, mais aussi des poissons, des lézards, des oiseaux. ( certains y voit aussi quelques animaux qui n’ont pas leur place sur l’île de Pâques ) Les spécialistes de ces tablettes ont estimé qu’il existait pas moins de 500 caractères. Évidemment, l’interprétation de ces tablettes prêtes à discussion. On s’accorde évidemment à dire qu’il s’agit d’une écriture idéographique ( pas d’alphabet ou de syllabe ) ; à un dessin donné, on associe un mot ou une idée ( les combinaisons de plusieurs pictogrammes ne sont pas à exclure, c’est à dire des associations pour donner une autre signification à tel ou tel dessin ). L’écriture Rongo-Rongo est probablement dans l’esprit des hiéroglyphes égyptiens ( mais l’on manque de données, et malheureusement, le Rongo-Rongo ne dispose pas de sa Pierre de Rosette ). La seule source locale qui aurait pu permettre une interprétation, se nommai Meteoro, un Tahitien a qui le Père Jaussen montra les tablettes, car ce premier s’était vanté de pouvoir les lire ( ceci se passa à la fin du XIX eme siècle ). En effet, à la vue des tablettes, Meteoro se mit à chanter ce qu’il y voyait. C’est à ce jour à priori la seule personne qui ai compris ce qu’elles signifiaient. De ces observations et de ces dialogues avec Meteoro, le Père Jaussen, n’a réussi à comprendre que la façon dont se lisait les « textes », et qu’ils étaient chantés. Ils sont en effet écrits selon un schéma inédit : le texte est divisé en lignes « paires » et en lignes « impaires ». Les lignes paires sont orientées de droite à gauche et les lignes impaires de gauche à droite et apparemment chaque signe est placé la tête en bas.

Tablette Rongo-Rongo
Trois hypothèses principales s’opposent actuellement, elles sont proposées par trois linguistes.

–L’Américain Steven Fischer, voit le Rongorongo comme une écriture mixte : certains signes représentent une chose ou un être, exprimé par un mot ou un ensemble de mots, alors que les autres, indiquent un acte. Il voit dans ces tablettes principalement des textes sur la création du monde et des chants cosmogoniques.
–L’anthropologue russe Irina Fédorova de l’Académie des sciences de Russie à Saint Pétersbourg n’identifie que 200 signes de base. Pour elle chacun d’eux aurait plusieurs sens, car comme l’ancienne langue pascuane, il y aurait de nombreuses homonymies. Elle y voit des chants rituels liés aux cérémonies agraires ( elle y décèle une grande fréquence de noms de plantes et d’étoiles ), les autres textes sont riches en vocabulaire guerrier et familial relateraient des légendes. Ils seraient écrits dans la langue ancienne mais avec de multiples variations dues vers l’actuelle évolution vers l’actuel pascuan ( proche apparemment du maori parlé en Nouvelle-Zélande ). Cela explique l’apparente multitude de signes et la difficulté de décryptage du Rongorongo.
–Enfin, Konstantin Podzniakov collègue de la précédente, interprète les différences comme les variations qu’il a mis en évidence sur diverses tablettes de signes semblables. Il a isolé quelques signes marqueurs de début et de fin d’énoncé. Le nombre de signes reste trop important pour qu’ils puissent constituer un alphabet et trop réduit pour qu’ils représentent des mots. En revanche, selon lui, leur fréquence est statiquement comparable à celle des syllabes de la langue pascuane. Il essaie toujours de faire correspondre des dizaines de gryphes les plus courants avec des syllabes de la langue parlée.
Pour conclure, on ne peut être sûr de rien quant au Rongorongo, sinon une estimation de l’époque où on l’a créée. En effet, tous les motifs de l’écritures étaient gravés à partir probablement vers le VIII ou IX siècle après J.C, par contre on ne sait quand la sculpture de ces tablettes a cessé. On sait que le bois était particulièrement précieux sur l’île, mais il ne servait pas uniquement à faire des tablettes pour le Rongo-Rongo. En effet, il servait aussi à la sculpture de Kava Kava. Les Kava Kava étaient de petites figurines à l’éffigie du diable. Ces statuettes sacrées étaient accrochées dans les habitations et à l’occasion étaient portées par les homes lorsqu’ils dansaient.

L’Oeuf centre du monde
Au Nord-Est de l’île, dans la baie de Hanga Hoonu ( Baie Lapérouse ), on trouve à côté du plus grand moaï ( une douzaine de mètres, mais il a été mis à terre ), une petite pierre ronde. On n’a pu réussir à déterminer depuis combien de temps cette pierre est là, ni si ce sont les vents et la mer qui l’ont ainsi façonnée naturellement ou bien si cette pierre a été sculptée par l’homme. Enfin pour les pascuans, cette pierre dans leur culture représente le centre du monde ( étrange car elle ne se situe pas du tout au centre de l’île ). Il semblerait que par le passé, les pascuans accordaient réellement une valeur très importante à cette pierre. Un culte lui était probablement dédié.

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