Rêves favorables – rêves défavorables

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Rêves favorables – Rêves défavorables

Jakob Burckhardt remarque dans son célèbre traité « Gluck und Unglùck in der Weltgeschichte » : « Notre profond amour de nous-mêmes, ridicule au plus haut point, fait que nous considérons comme heureuses les époques qui ont une quelconque ressemblance avec notre être. Il nous fait admirer les forces et les hommes dont l’activité semble être à la base de notre existence et de notre relatif bien-être, tout comme si le monde et son histoire n’étaient là que pour nous. Car chacun considère son temps comme l’accomplissement de tous les temps et non comme une époque succédant à d’autres époques. Tout ce qui dans ce monde est particulier… y compris notre propre personne, n’a pas de but en soi, mais existe eu égard à tout le passé et à tout l’avenir. »

Partant d’une telle conception, nous poserons la question du rêve favorable et du rêve défavorable. Car le rêve également n’existe pas seulement pour notre bien-être momentané, il n’est pas l’expression nécessaire d’un moi satisfait
et assuré dans son existence. Il s’agit beaucoup plus de l’épanouissement d’un tout dans lequel est contenu le destin de l’homme et de la communauté pour laquelle il est en partie
responsable.

Dans la pratique de l’interprétation, à peine le rêveur a-t-il terminé le récit de son rêve qu’il pose déjà la question : « Est-ce que c’est un rêve favorable ou un rêve défavorable ? » S’appuyant sur un détail quelconque, le rêveur émet un jugement qui ne peut par ailleurs ressortir que d’une série de rêves et affirme selon son humeur avoir eu un rêve heureux ou un de ceux qui d’habitude lui annoncent un malheur. Il fera volontiers le rapprochement entre « bonheur » et « favorable », « malheur » et « défavorable ». Tout-le monde ne semble pas pouvoir se rendre compte que le bonheur est le sentiment d’un état alors que « favorable » est une indication, une orientation vers un but précieux. La question du rêve favorable ou défavorable a de trop profondes racines pour ne pas refléter l’angoisse de l’homme, le sentiment qu’il a d’être sous la coupe d’une fatalité. Même celui qui prétend, à tort, que sa vie est son ?uvre personnelle cherchera secrètement à soulever un peu le voile de l’avenir. Car nous croyons avoir droit au bonheur ; c’est la raison pour laquelle nous ne cessons de guetter les symptômes du malheur. Certains acceptent de bonne foi les oracles qui révèlent le plan de la vie et de l’avenir. Il peut alors arriver ? on ne sait pas exactement comment ? que la manipulation de ces oracles permette d’avoir des vues surprenantes de certains aspects naissants de la destinée individuelle.
On ne peut pas trop en vouloir à l’homme, ce grand persécuté, lorsque, ne dominant jamais qu’un cercle restreint d’événements, et en des temps où la confiance en une bonne étoile menace de l’abandonner, il se tourne angoissé vers tout ce qui est oracle, aussi mince, aussi menu soit-il. Car il est difficile de faire accepter ce grand mot divin : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mon chemin n’est pas votre chemin. » Alors le rêve, lui, ne sert que trop souvent d’oracle; et les ouvrages sur les rêves sont recherchés pour cette raison. Notre livre également ne manquera pas d’être utilisé dans ce sens. La large diffusion de petits traités tout à fait élémentaires concernant l’interprétation des rêves, repose sur le fait que chaque symbole, chaque élément de rêve cité reçoit au préalable une signification positive ou négative, qu’il est par conséquent favorable ou défavorable
dans un sens absolu. La polyvalence, c’est-à-dire la très importante constatation que par exemple ce qui promet un destin propice à l’un peut être un signe fatal pour un autre, autrement dit la signification individuelle des éléments de rêve, est totalement ignorée. D’après ces livres, il n’existe que de bons ou de mauvais rêves. Une telle attitude vis-à-vis de l’existence est très égocentrique et sacrifie à une conception du monde qui ne connaît que le noir et le blanc.

Mais on ne serait évidemment jamais parvenu à une classification aussi superficielle s’il n’y avait en réalité certains symboles dont le contenu ne pouvait donner lieu qu’à une interprétation qui tienne compte avant tout de leur sens favorable ou défavorable. Il y a des symboles dans lesquels se sont concentrés de sombres expériences humaines. L’apparition de ces symboles indique que cette sombre atmosphère, cette affrayante constellation est à nouveau actuelle. D’un autre côté, il existe toute une gamme de symboles qui manifestement indiquent, font allusion à la bonne nouvelle, à la puissante persévérance, aux jours heureux de l’avenir. Mais ceci ne nous dispense pas d’étudier les aspects particuliers et multiples de la nature du psychisme avant de commencer l’interprétation de rêves entiers.

L’observateur sérieux et consciencieux et aussi celui qui vient trouver un interprète expérimenté parce qu’il veut réaliser une meilleure adaptation à la vie, ne devront pas rechercher dans les rêves des prédictions toutes faites mais au contraire la réalité d’une situation psychique actuelle, avec toutes ses conséquences. Cette réalité interne regorge peut-être de possibilités nouvelles comme elle peut se montrer vide et pauvre d’espoirs.

Mais il faut savoir que de telles indications ne couvrent jamais qu’une période déterminée, peut-être très courte de notre vie. Seuls les grands rêves sont capables de se prononcer sur de grandes périodes.

Il peut arriver qu’à plusieurs reprises le rêve dise « non » à un projet qui nous tient particulièrement à c?ur. Il le fera jusqu’à ce que nous soyons devenus indécis, jusqu’à ce que nous commencions à pressentir les difficultés dans lesquelles nous étions en train de nous précipiter avec obstination. Est-ce alors un rêve favorable ou un rêve défavorable ? Il est évidemment désagréable, nous n’en voulons pas ; pourtant c’est un rêve qui nous est favorable.

Nous arborons une joie prématurée et résolue et le rêve apportera le cri plaintif de tout ce que nous avons sacrifié et condamné au nom de cette joie consciente. Ce rêve aussi aura pour nous une résonance désagréable. Au cours de notre existence, il arrive que nous hésitions au moment de prendre une décision importante, nous reculons devant la nouveauté et l’effort ; mais le rêve nous montrera qu’il y a en nous une petite route étroite et sûre qui monte lentement. Celui qui est oisif et embarrassé trouvera dans un rêve favorable un sens à sa vie et la consolation qui lui manquait. Mais quelles faveurs ne semblent pas nous refuser les rêves qui encouragent à supporter une relation avec notre conjoint ou notre partenaire professionnel, nous qui souffrons déjà tant de toutes ces difficultés, et qui nous dépeignent l’endurance comme la seule et la meilleure conduite à tenir en ce moment-ci !

Le rêve ne nous cache pas le début d’une période de souffrance qui aura une certaine durée ; celui qui esjt initié ne manquera pas de reconnaître les signes et les allusions qui l’annoncent. Est-ce qu’un rêveur, dans un pareil cas, pourra parler de rêve favorable ? Il peut très bien se faire que la meilleure solution du moment consiste pour le rêveur en une bonne souffrance qui renforce et élève sa personnalité. La grâce du destin s’annonce pénible lorsqu’on rêve nous découvrons que nous sommes prisonniers, vagabonds solitaires ou même suppliciés ou mourants. De tels messages, auxquels nous disons « oui » avec combien d’hésitation ? on se réveille alors parfois le visage baigné de larmes ? permettent de nous adapter consciemment à ces périodes de transformations internes et douloureuses. Nous acceptons ce qui est inéluctable, et nous prêtons à la destinée nos forces conscientes afin de nous affranchir des déchirements et des tiraillements provoqués par le conflit des grandes intentions du « soi » et l’inlassable et passionnée recherche de bonheur du moi. Dans le « Baghavagita », la psychologie inhérente à la vieille culture hindoue s’exprime de la manière suivante : « Ce qui est conforme au Karma ? la destinée psychique ? tout au long des réincarnations, me porte bonheur. »

Nous avons une excellente occasion d’élargir notre personnalité en regardant de près les contenus qu’apporté l’inconscient et en nous laissant pénétrer de leur vie cachée. Si nous ne le faisons pas, nous perdons un bénéfice. C’est ce que n’a pas voulu comprendre cet homme qui en rêve était continuellement poursuivi par de grandes poupées qui vou-
laient le rejoindre. Il les a jetées à l’eau ; comme elles revenaient, il essayait de se cacher, mais en vain ; puis il les jeta par-dessus un mur, dans un ravin, sans parvenir à les éliminer. Par contre alors, elles le quittaient. C’étaient ses propres forces, psychiques travesties qui se montraient à lui et qui demandaient à ce qu’il les fît participer à la vie. Cet homme s’est volontairement frustré d’une partie de sa personnalité dont l’inconscient est beaucoup plus large que son moi craintif et vertueux. Ce n’est pas le rêve qui est ici défa-forable, mais bien le comportement de l’homme dans le rêve. Ce comportement dénote une dangereuse aversion pour des forces vitales qui auraient dû le rendre plus fort.

Le but que nous poursuivons en nous occupant de ce qui peut être défini par « favorable » et « défavorable » ne consistera par conséquent qu’en la bonne attitude psychologique à observer vis-à-vis du tableau clair ou sombre annoncé par le rêve, vis-à-vis de ce qui en nous est prêt à s’épanouir ou de ce qui, en une période de misère intérieure, n’est plus que détresse et solitude.

Les rêves nous parlent d’une telle détresse lorsqu’ils nous montrent un arbre cassé, des plats sans nourriture, des récipients sans boisson ; c’est un puits qui est desséché, on risque de s’enfoncer dans la boue, le chemin s’arrête, la neige commence à tomber interminablement. La situation est grave lorsqu’un enfant inconnu meurt, lorsque nous perdons un bras, une main ou un pied, lorsque les animaux en nous sont battus et détruits, lorsque nous sommes en fuite et n’osons * pas faire face à celui qui nous poursuit. ? La troisième partie de notre livre renferme une série de symboles dont le caractère est nettement négatif.

Mais chacun sait par expérience que les temps les plus durs ont une fin. L’école du destin avec ses examens de passage si décourageants, nous quitte. On respire ; les énergies qui s’étaient désespérément attachées à vaincre les conflits sont libérées et nous reviennent. Ce sont les rêves favorables qui annoncent un tel changement, à un moment où nous avons l’impression d’être encore en pleine période de tourments. Mais en rêve une porte s’est ouverte, des lits de fleuves des-chés s’emplissent d’eau, des fontaines s’animent, nous avons à nouveau du pain et d’autres aliments, une guerre se termine, un immeuble neuf sort de terre, les jardins s’emplissent de fleurs, etc. Peut-être même avons-nous découvert un trésor à un endroit invraisemblable, nous trouvons-nous
au début d’un escalier ou voyons un enfant qui marche devant nous ? toute une série de symboles de renouvellement, de renaissance.

Mais les rêves qui apparemment ne relatent que des difficultés ne sont pas tout à fait défavorables si leur fin contient une certaine solution ou du moins une ébauche de solution. Leur dernier acte ne s’ouvre pas sur la monotonie, le désespoir ou l’horreur. Et même il y a solution lorsque le rêveur s’arrache à la terreur par un cri et se sauve dans l’éveil. Ou bien le rêve contient déjà un principe conducteur sous la forme d’un ami qui est à nos côtés, d’un sage dont le visage apparaît vaguement, d’une trace découverte en pleine forêt ou d’un endroit de la montagne où notre pied peut enfin se poser. Il y a enfin salut s’il nous est donné en rêve de lutter contre l’épouvantable. Car il est important que le rêveur éprouve cet aspect horrible comme le concernant également. S’il reste totalement passif en face des événements, il se produit alors une catastrophe en lui à laquelle il ne pourra pas remédier.
Il y a des gens qui n’osent pas s’endormir parce qu’ils craignent des rêves qui reviennent sans cesse les martyriser. L’âme ne cesse de leur montrer le tableau de leur vie erronée et sans issue, mais ils n’arrivent pas à en saisir le sens et sont«profondément tourmentés par toutes ces horreurs. Celui qui craint ses propres rêves fera bien de les raconter à un interprète expérimenté ; et lorsqu’en sa présence il parcourra leur champ effrayant, lorsque dans l’interprétation il pourra les rattacher à la conscience et libérer les forces emprisonnées dans ces images, de faible et tremblant qu’il était, il parviendra à une certaine puissance qui lui permettra de manier ses propres démons. Il y a vraiment des rêves très défavorables qui non seulement annoncent des difficultés insurmontables, mais même l’impossibilité d’une transformation dans la destinée du rêveur. Mais ils sont plus rares qu’on a tendance à le croire. Si un lecteur inquiet et méfiant pense que c’est son cas, il se trompe probablement car la vie est plus créatrice, la grâce divine plus grande que ne le pourraient concevoir le c?ur le plus aigri, le plus angoissé, et le cerveau le plus sceptique. La puissance de l’existence va bien au delà du destin et de son cours particuliers qui ne sont probablement qu’une phase dans un ensemble beaucoup plus important. Mais cette phase présente, les rêves la dépeignent souvent comme largement défavorable ; il ne semble pas qu’il puisse y avoir guérison ; et pourtant lorsque de tels rêves se
répètent, ils contiennent déjà le germe d’une vie nouvelle.

Néanmoins, il y a des rêves vraiment défavorables. Ils sont à tel point chargés de malheur? d’ailleurs ils ne s’expriment jamais par des symboles funèbres ? que l’interprète à qui on les raconte préfère se taire. Il doit le faire s’il ne peut pas compter sur une maturation suffisante du rêveur dont le manque de courage et de compréhension J’empêcheraient de supporter une peine aussi grave. Mais il est évident qu’on doit se garder de tirer des conclusions aussi noires à partir d’un seul rêve. Ce qui importe si on veut se faire une opinion, c’est de constater si tout au long d’une série de rêves il n’existe pas une dénivellation positive, une ébauche de solution.

Voici, raconté par une femme, un rêve nettement défavorable qui annonce souffrance et inhibition pour les mois à venir : « J’arrive trop tard au départ de mon train, je le vois partir; j’essaie alors de sauter sur le marche-pied du dernier wagon et arrive sur la première marche. Mais la vitesse du train est déjà si élevée que je sens me manquer l’équilibre nécessaire pour parvenir à la marche supérieure. A ce moment-là le conducteur arrive et veut m’aider, mais je tombe si malencontreusement que les roues me coupent les deux jambes. » f

La rêveuse est tombée sous les roues de la vie. Elle a perdu les jambes, ce qui veut dire qu’elle ne pourra de si tôt reprendre ses activités. Mais il n’est pas exclu que d’ici quelques mois elle revienne guérie avec des rêves qui parlent d’un premier voyage heureux. Voici par contre un rêve plus favorable : … « puis il fallait tout à coup que je prenne le train. Je savais l’heure à laquelle il partait et tenais absolument à ne pas le manquer/Mais j’étais étonnée d’avoir d’abord à grimper une côte puis à dévaler la pente opposée. Je courais de plus en plus, préoccupée par la pensée de prendre le train. Lorsque j’arrivai en haut je me rendis compte que je n’avais pas mon sac à main, ce qui m’obligeait à revenir malgré le retard que cela occasionnerait. Mais tout à coup je me trouvais en bas, dans la petite station, toute rayonnante de savoir que le train va entrer en gare. Je n’étais donc pas arrivée en retard. Combien j’étais heureuse ! »

Ce n’est pas sans une certaine émotion qu’on apprend dans les rêves de petits enfants l’avenir particulièrement pénible que le destin leur réserve. C. G. Jung de même que F. G. Wickse ont fait quelques communications à ce sujet.

Il n’est pas besoin de commenter le fait que ces rêves ne devront pas faire l’objet d’une discussion avec l’enfant. Mais, chez l’enfant aussi, ces rêves annonciateurs de malheur sont rares. On observera alors de graves désordres dans le développement de l’individu avec la puberté naissante. D’ailleurs les conflits en général sont annoncés longtemps avant qu’ils ne deviennent effectifs, au moyen du langage symbolique. Souvent toute une vie de peines et de misère s’annonce dans un seul grand rêve d’enfant qui se reconnaît à son tracé général et à sa sombre atmosphère.

Il a souvent été utile qu’un interprète averti donne certains conseils aux parents pour améliorer l’évolution de l’enfant. Car il ne faut pas oublier que de grands et pénibles rêves d’enfant, respirant l’angoisse et semblant être totalement défavorables, reflètent le plus souvent les conflits parentaux. Si les parents se mettent à résoudre le plus convenablement possible leur propre antagonisme, il est certain que les enfants seront libérés de ces rêves défavorables.

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