Psychanalyse de sigmund freud

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Psychanalyse de Sigmund Freud

Au début de ce siècle, et après une période d’indifférence ou de mépris, les études et la pratique du médecin viennois Sigmund Freud ont de nouveau amené dans le champ de la conscience, comme possédant une valeur psychique, le
rêve et l’importance particulière que revêt cette manifestation nocturne. Avant lui, ce domaine se caractérisait par ce que Jung appelle opportunément « la nuit et les ténèbres ». Comme c’est le cas chaque fois qu’un aspect important est ramené de l’inconscient, que ce soit dans un but religieux, artistique, social ou scientifique, l’action de Freud a produit une émotion et un retentissement profonds. Partant de cette nouvelle interprétation du rêve, la vie psychique apparaissait sous un jour nouveau. On découvrait d’autres rapports que Freud a puissamment ramassés sur un plan principal, fondus en une explication-clé. Il est évident que beaucoup de ce qui jusqu’ici restait incompris, se trouvait par là recevoir une. motivation trop étroite.

Celui qui entreprend de s’occuper sérieusement de la signification et de l’interprétation des rêves ne doit pas omettre de considérer l’?uvre de cet excellent savant, excellent aussi de par les formules dont il a su caractériser ses découvertes.

En traitant les névroses, c’est-à-dire en partant de la pratique médicale, Freud était amené à considérer le rôle spécial que jouait la vie onirique dans les pensées de ses patients. Son génie reconnut qu’il y avait là une fonction essentielle de la vie psychique, qui se manifestait avec hésitation. Il comprit alors, après un malentendu médical et philosophique de près d’un siècle, que le rêve n’était pas un phénomène physiologique mais bien plutôt une manifestation d’origine essentiellement psychique.

Avec une énergie presque trop aveugle, mais digne d’admiration, Freud s’est mis à étudier les rapports du rêve et du destin humain, particulièrement dans les rêves pathologiques, et du rêve en tant qu’apparition psychique universelle. Il vit en lui l’extériorisation la plus évidente du côté de l’âme qui baigne dans l’obscurité. C’est à Freud que l’on doit ce mot souvent cité : « L’interprétation des rêves est en vérité la voie royale pour parvenir à la connaissance de l’âme. »

Sa conception trop simplifiée de la nature humaine, de la structure et des fonctions du conscient et de l’inconscient, lui valut beaucoup de résistances avant de recevoir un succès considérable et même finalement la désapprobation de ses principaux collaborateurs. Cela tient à l’importance démesurément exagérée qu’il accordait à l’instinct sexuel, à la vue trop particulière, trop arbitraire qu’il se faisait de l’essence du destin humain,
Freud reconnaît dans l’homme avant tout deux tendances puissantes et antagonistes : le principe de plaisir et le principe, de réalité. Mais comme il l’avait déjà souligné, il ne faut pas uniquement entendre par « plaisir » le plaisir sexuel. Dans la pratique thérapeutique toutefois, Freud et son « école » se sont principalement attachés à cet aspect de la question.

Cet appétit de plaisir se localise à trois zones érogènes du corps humain à chacune desquelles incombe un rôle particulier au cours du développement. Ainsi le petit enfant, pense Freud, commence par le plaisir érotique de la bouche (le plaisir oral) qui se montre clairement dans la manière joyeuse dont le nourrisson suce le sein. Ensuite vient le plaisir anal, celui de l’anus, de la défécation, qui a une grande importance chez les enfants et les adultes afîectivement arriérés. Enfin le plaisir atteint la zone génitale par le fonctionnement naturel des organes sexuels à caractère primaire et secondaire. ? Il est évident que les rêves traduisent cette envie de plaisir ; mais ils en traduisent tous les aspects, même les plus enfantins, et à tous les âges.

D’après Freud, le principe de réalité s’oppose à cette puissante force d’origine interne. Il s’agit d’une sorte d’organe psychique qui réclame l’adaptation à la réalité, à l’ordre moral et qui travaille sous l’impulsion de l’instinct de conservation. Il exige la renonciation à la partie du plaisir sexuel qui blesserait l’ordre moral par un dépassement de la mesure et mettrait ainsi l’individu en danger. C’est cette limitation du plaisir ? toujours d’après Freud ? qui en coûterait le plus à l’individu. Il est ainsi jeté dans le conflit où s’opposent son instinct de conservation, la reconnaissance des lois morales universelles et son instinct sexuel illimité.

Cet instinct d’ailleurs possède une orientation particulière. Normalement, le plaisir érotique, d’après la conception psychanalytique que nous ne partageons pas, prend au début la forme d’une vive attirance envers les parents. Le désir du garçon et de la fille est par conséquent fixé au parent de sexe opposé, situation qui chez les névrosés dure jusqu’à l’âge adulte. Ce qui constitue certainement une des dernières préoccupations de l’enfant, à savoir l’amour sexuel, ou une haine camouflée en amour, lui est attribué comme étant un souci immédiat : le jeune fils a le profond désir de posséder sexuellement la mère et souhaite une mort symbolique au père qui est un obstacle à ce désir. A l’inverse, la petite fille hait la mère qui empêche l’amour avec le père. La consta-
tation courante, selon laquelle, de par la constitution de leurs natures psychiques, les fils ont plus de liens avec la mère et les filles avec le père, donne lieu, dans la pratique thérapeutique freudienne, à des absurdités qui conduisent à une mortelle uniformité.
Freud croyait avoir trouvé une confirmation éclatante de sa théorie dans la légende d’?dipe, dont voici le saisissant récit : Laïos, roi de Thèbes, et Jocaste, la reine, avertis par un oracle de la mort du roi et du mariage de la reine avec le fils, exposèrent ce dernier dès sa naissance. Mais les bergers le recueillirent et amenèrent l’enfant trouvé à la cour d’un royaume voisin. Il y est élevé sans qu’on s’enquît de son origine. On lui fait la même prédiction, mais dans son. erreur, le jeune homme en rapporte actuellement les effets sur les parents adoptifs. Il les quitte et part en voyage. Arrivé dans un étroit défilé, il rencontre un homme de condition d’un certain âge déjà avec lequel il commence une vive querelle. Au cours de cette dispute il est amené à tuer ce dernier qui est en réalité son père Laïos. Rencontrant ensuite le Sphinx, le jeune et intelligent héros résout l’énigme qui lui est posée par cet étrange animal et libère ainsi Thèbes de ce monstre dévorant. La reine, sa mère alors veuve, lui offre sa main en guise de reconnaissance ; l’oracle est de ce fait réalisé. La suite relate avec saisissement les conséquences désastreuses qui suivirent cet événement, aussi bien pour son pays que pour son propre destin.

C’est ce mythe qui apparut à Freud comme le symbole fondamental des relations du fils avec la mère. Mais à notre avis Freud a passé sous silence, a refoulé, pour employer son langage, le motif principal du mythe, c’est-à-dire la question du Sphinx sur l’homme, cet être qui au matin de sa vie marche à quatre pattes, avec deux à midi et, au soir de sa vie, s’aidant d’une canne, avec trois pattes. Par contre, il fait jouer à la sexualité un rôle de premier plan dans la psychologie des différents âges. Le fils désire la mère, et dans son inconscient, qui se traduit dans les rêves, il tue son père. Freud ? et surtout ses élèves ? a puissamment étayé le motif de l’inceste et en a fait une théorie. Celle-ci est une des bases fondamentales sur laquelle il fait reposer l’interprétation des rêves. Il surcharge ainsi le problème enfant-parents en faisant des complexes maternel et paternel les complexes principaux, capables de provoquer de grands dérangements dans la vie de l’enfant et des adultes. Un jeune homme normalement élevé a certainement très peu le désir de tuer son père (c’est-à-dire de l’éliminer) et de rester afïectivement attaché à la mère ; un des premiers dogmes de la psychanalyse a même été de considérer cet attachement comme directement intime. Jung dit : « L’inceste n’existe que pour certains cerveaux. Dans ce domaine, j’ai toujours défendu le point de vue que l’inceste, s’il se rencontre à l’occasion, ne prouve aucunement l’existence d’une tendance généralisée à l’inceste, aussi peu d’ailleurs que les meurtres ne révèlent une passion génératrice de conflits qui conduirait au meurtre… » Par ailleurs, Jung fait remarquer que l’attirance s’exerce plutôt en sens inverse, c’est-à-dire des parents vers leurs enfants qu’ils voient grandir. Le complexe d’?dipe, mis à la page par Freud, a créé une grande confusion ; il a empoisonné mainte relation de famille normale auparavant.

La sexualité toute-puissante, refoulée dans l’inconscient, cherche alors à se frayer un passage dans le rêve. Ce phénomène forme en quelque sorte la toile de fond même du rêve. C’est pourquoi Freud fait la différence entre le contenu manifeste et le contenu latent. Ce qui est manifeste, c’est le récit onirique, il constitue ce que Freud appelle la « façade du rêve ». Celui qui ne fait que raconter son rêve en. révèle donc la partie manifeste. Mais celle-ci constitue un substitut déformé de la véritable « pensée du rêve » qui est inconsciente et répugne de se montrer au grand jour.

Cette déformation, ce camouflage sont nécessaires pour que le moi ne rencontre pas le révitable contenu qui est asocial et immoral et dont les appétits puissants s’exercent dans un sens interdit.

C’est grâce à un poste spécial de transformation et d’adaptation que le rêve doit de paraître en images décentes et avec des mots relativement convenables. Entre les deux contenus du rêve, affirme Freud, se place un relais doué de sens critique. Il empêche que les contenus de l’inconscient que la conscience estime et taxe de fâcheux, comme par exemple les désirs sexuels, les pensées de vengeance et de mort envers les gens qui nous gênent, fassent leur apparition dans le champ de cette conscience. C’est une censure comparable à la censure de la presse et qui protège avec précaution le monde des idées et de la volonté contre les exigences démesurées des impulsions et des désirs incestueux. Ainsi donc le véritable inconscient, « l’inconscient effectif » arrive à transparaître dans les rêves et son contenu est dégagé par le travail d’interprétation de la méthode psychanalytique, en même temps que la résistance à la censure est reportée sur le thérapeute.

Nous ne savons jamais au juste si cette censure freudienne sert les desseins trompeurs et subtils de l’inconscient qui revêt le masque du rêve manifeste, si elle est le moralisateur à tout faire de la conscience ou si, en fin de compte, partie intégrante d’une âme passablement corrompue, elle empoche les pots de vin qui lui viennent des deux côtés !

Mentionnons aussi en passant que le « subconscient » possède un droit de libre passage de l’inconscient vers la conscience ; il s’agit des événements quotidiens tombés dans l’oubli, qui peuvent réapparaître autant qu’il ne s’agit pas de souvenirs désagréables.
Rank, qui devint par la suite un des plus rudes adversaires du maître, s’exprimait de la manière suivante : « Le symbole est un moyen d’expression de l’inconscient qui convient particulièrement à représenter le côté refoulé et à le faire admettre par la conscience, aussi bien dans le rêve que dans le mythe. » Dans la conception de Freud également, mais uniquement dans un but de dissimulation et non comme un langage onirique en soi, le rêve « revient sur les étapes de notre développement intellectuel que nous avons depuis longtemps dépassées, fait allusion au langage imagé, aux rapports sym-. boliques, peut-être même à des situations antérieures au développement de notre langage. » Par ses indications et ses recherches, Freud a fait faire de grands pas à l’étude de ces expressions archaïques ; il a donné l’essor a des travaux culturels considérables.

Le rêve, tel que le voit Freud, accomplit un important travail en transformant les désirs en images. Il « condense » la pensée de l’objet désiré et son déroulement interne en un symbole ou une action symbolique, que ce soit un oiseau, un moulin, un serpent ou une maison, une petite boîte ou un sabre ? tous ces objets étant des expressions déguisées pour les organes sexuels mâles et femelles et pour leur fonction naturelle. Pour ne pas faire scandale, le désir peut se cacher encore plus profondément dans une histoire très banale, il peut procéder aux déplacements, aux changements les plus invraisemblables et pourtant toujours signifier la même chose.

Dès à présent on peut dire que la conception psychologique que Freud se faisait de l’inconscient et en particulier du rêve prend sa source dans une surestimation de la conscience.

D’après cette conception, l’inconscient semble sans cesse se poser la question : « Comment vais-je le dire à mon maître ? » Admettre que le travail nocturne du rêve consiste à exécuter adroitement un illusoire arrangement auquel la censure donne sa bénédiction, n’est-ce pas incroyablement surestimer le moi et son horizon limité ?
Il convient aussi de faire allusion à la conception qui attribue au rêve une fonction hygiénique. A la question de savoir pourquoi le rêve tient tant à camoufler et à atténuer les convoitises de l’inconscient, Freud répond : « II se met ainsi au service du sommeil. Le rêve calme la fougue des impulsions instinctives qui provoqueraient l’éveil ; il leur crée une issue dans le symbole. Mais comme les cauchemars sont capables d’interrompre le sommeil, il convient de les laisser en dehors de la théorie du désir ainsi généralisée. Ce schéma du désir, qui a son origine dans le langage de la conscience, est alors manifestement insuffisant. »

Pour interpréter le matériel amené dans le rêve, Freud se sert de la libre association. Le patient, après avoir raconté le rêvé manifeste, fait part au psychanalyste de tout ce qui lui vient à l’esprit au sujet de ce rêve. La représentation du début, par exemple tel placard où les parents rangeaient leurs outils, devra toujours être présente à la mémoire, bien que ce ne soit pas une obligation. Le patient peut continuer à faire des associations autant qu’il lui plaira. Tous les analystes freudiens connaissent les larmes et le vide terrible qui peuvent se produire chez leur client lorsqu’il recherche avec angoisse ce qu’il peut encore avoir à dire ; et ce dernier a l’impression de s’éloigner de plus en plus du véritable objet de sa consultation. On n’est plus seulement à la recherche du contenu du rêve ; on met en même temps à nu toute l’interminable cohorte des complexes. Qui ne risquerait alors de sombrer encore davantage ? et d’autant plus que certains psychanalystes ne parlent pas, laissant le patient se débattre seul avec toutes ces puissances. ? II est évident que dans ce cas, les complexes ont presque le devoir d’être de nature sexuelle. Le fait qu’ils s’expriment sous forme de fantasmes machiavéliques, de pensées de destruction, le fait que le rêveur cherche alors désespérément à fuir tout ce monde de souffrances pour se rejeter dans le courant contraire du plaisir, c’est-à-dire dans Vinstinct de mort, ne fera encore que davantage renforcer la détresse du rêve. Mais cette attitude n’est pas obligatoire. Car certains rêveurs acceptent ce qui
leur montre la partie instinctive de leur nature ; ils peuvent ainsi parvenir à un rapport meilleur entre cette nature et l’ordre moral qui est celui de leur vie. Peut-être même pressentent-ils que la profondeur obscure qu’ils ont découverte en eux signifie encore autre chose que du sexuel, se rendent-ils compte que les symboles interprétés sexuellement ont probablement aussi un autre sens, symboles dont la polyvalence même est le gage de contenus plus larges.

Lorsque le rêveur en arrive là, il a dépassé la conception trop unilatérale que Freud se faisait de la nature humaine. Mais il reconnaîtra en Freud, au cas où ses écrits lui sont connus, une personnalité absolument intègre, mue par la seule passion du chercheur. Il verra aussi, s’il possède assez de connaissances culturelles pour apercevoir les événements dans leur perspective historique, que le maître ne faisait que traduire une Europe, celle de son époque, au plus haut point érotisée ; il suffisait alors de gratter légèrement la couche qui sépare pour ainsi dire le conscient de l’inconscient pour découvrir une sexualité uniquement acceptée sous condition et par conséquent cachée et indifférenciée. On pensait alors que celle-ci constituait le seul contenu de l’inconscient.

Quand on connaît l’attitude intellectuelle et extravertie qui était celle de l’Europe et de l’Amérique durant le xixe siècle, on peut essayer de deviner le sens profond du mythe du père et de la mère dans la théorie de Freud. Celle-ci sentait l’excès, dans la civilisation occidentale, de la puissance intellectuelle masculine qui, par compensation, appelait toute la nostalgie, tout le désir d’une vraie nature féminine, au sens large du mot ; et ce désir était très près de la surface des choses. Un courant contraire commença alors à se faire sentir. L’intellectualisme avait desséché l’âme. Celle-ci prépara la’révolte contre le père qui avait renoncé à la spiritualité et chercha passionnément un chemin vers les puissances maternelles de la terre. Les rêves de cette époque, dans la perspective des destins individuels, exprimaient ces préoccupations de retour vers la chaleur terrestre. Pour qui savait pénétrer encore plus profondément le langage et les images de ces rêves y découvrait un commencement d’union entre les principes mâle et femelle, les premières indications d’un produit humain supérieur. Le tragique chez Freud est qu’il ne vit pas cette terre promise, cette humanité enfin arrivée à maturité, que nous non plus d’ailleurs n’avons pas atteinte, et qu’il s’en tint uniquement à la parabole sexuelle.

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