Apres l’interpretation

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Apres l’interpretation

L’interprétation achevée a transposé le récit onirique de l’inconscient, qui n’était tout d’abord pas bien compris à cause de son caractère symbolique et prélogique, dans le clair langage de la conscience. Le texte étrange provenant du pays obscur de l’inconscient a peu à peu été déchiffré et a donné le sens du rêve, même si parfois certains passages n’ont pu être bien éclairés ou si la polyvalence des symboles n’a pu être parfaitement élucidée. Nous avons pu acquérir dans cette interprétation l’opinion de notre être intime au sujet des problèmes conscient et inconscient de notre existence. Il nous appartient dès lors d’en tirer les conclusions et de faire fructifier le résultat de l’interprétation. Dans son intelligent petit ouvrage sur les rêves, Binswanger constate : « L’interprétation scientifique du rêve doit forcément s’accompagner d’un examen de conscience. » On peut ajouter : Celui qui tient à s’occuper de ses rêves d’une manière sérieuse, qui attache de l’importance à en dégager une explication, doit être prêt à intégrer le sens des rêves dans une conception de vie désormais plus large et une activité plus consciente. Le résultat, le sens élaboré par l’interprétation, peut amener l’individu à faire un retour sur soi qui est précisément, d’après le mot de Jung, « ce qu’il y a de plus difficile et de plus répugnant à l’homme en majeure partie inconscient ». Accepter le rêve, c’est-à-dire accepter sa propre ordonnance psychologique, signifie s’en remettre au risque de suivre la voie de l’action qui rapproche notre vie de son véritable but, qui conduit notre personnalité vers sa réalisation. Mais accepter le sens qui se dégage des rêves et réaliser ce résultat dans la vie pratique font deux. Combien de fois nous aimerions ne pas prendre en considération l’explication ainsi obtenue, par exemple celle qui nous démontre le caractère nuisible
de certains rapports avec l’entourage, notamment avec des personnes ou des entreprises auxquelles nous étions attachés par peur de les perdre. Nous voudrions fermer les yeux sur notre méchanceté, sur nos basses intentions que nous venons de reconnaître ; il est temps que nous nous occupions réellement de ce frère pas très estimable qui est en nous. Nous ne voulons pas admettre qu’il y a en nous, à l’état brut, autant de dynamisme et autant d’animalité. Nous ne voulons pas accepter, nous ne voulons pas même entendre l’ordre sévère du rêve,’ habitués que nous sommes à reculer devant les obligations du monde et de la société, qui nous enjoint de pénétrer dans cet univers à la fois craint et déprécié. Le rêve en appelle à notre conscience et celle-ci devra répondre à la voix des profondeurs qui lui dit : « Si les choses en sont là pour toi, que feras-tu désormais pour changer ces choses et te changer toi-même, instruit que tu es par les rêves ?

Nous apprenons que nous avons joui de la vie, que nous sommes restés presque trop longtemps à sa table et que l’heure du jeûne, du sacrifice pour autrui a sonné. Quelle est notre réponse ? Que dirons-nous en apprenant avec émotion que le conflit actuel, ce fardeau dont il ne nous est presque plus possible de venir à bout, a pour unique signification de nous amener au travers d’une lente agonie vers une renaissance interne ?

Il est déjà assez difficile pour un individu de suivre la voix de la raison, de faire ce qui au fond se comprend tout seul. Mais combien il sera tenté d’éviter encore davantage ce qu’exigé de lui une voix aussi étrange que celle du rêve. Il objectera que dans le fond les rêves peuvent vouloir dire tant de choses, qu’il ne s’agit pas forcément de celles qui font découler pour lui toutes, ces obligations. Cette affirmation peut provenir d’un moi habité par l’intelligence la plus vaste, mais auquel manquera encore cet esprit qui vient des profondeurs, de ce que l’on serait tenté d’appeler la conscience de l’inconscient. Il suffit qu’il soit question de la plus légère difficulté, du plus petit sacrifice telle une valeur nouvelle qu’il faut accorder à son partenaire de vie ou un combat qu’il faut mener contre les conventions morales d’une société bornée, pour qu’aussitôt le moi fasse appel à son libre arbitre, à sa soi-disant autonomie. Il arrive très fréquemment que l’interprète soit obligé de dire au rêveur que celui-ci est en effet libre d’accepter le sens d’un rêve ou de ne pas l’accepter lorsqu’il se défend contre les obligations nouvelles ou lorsqu’il
se sent blessé dans son amour-propre. Il peut naturellement se faire aussi que cette résistance soit reportée sur l’interprète qui a fait part au rêveur de ces résultats psychologiques. Dans ces cas, l’interprète se voit souvent obligé de souligner le fait que ce n’est pas lui, mais bien le rêveur qui a eu ce rêve pénible. Cependant si ce dernier a la volonté de reconnaître clairement le chemin à suivre et s’il est décidé à faire de son mieux, même lorsqu’il existe des résistances, alors la lutte avec les exigences de l’inconscient aura un résultat fructueux ; la réponse donnée au compte rendu de l’âme est finalement une réponse courageuse.

Mais tout le monde n’y réussit pas. Le rêveur est quelquefois en présence d’une signification psychique précise que lui fournissent plusieurs rêves. Chaque nouveau rêve, éclairant le problème de côtés différents, exprime la même nécessité d’agir. Et pourtant l’individu faible paraît échapper à l’inexorable devoir ; car la vie laisse à l’individu la liberté du choix, mais elle ne l’affranchit pas des conséquences de cette liberté.

Si nous ne pouvons pas accepter ce que l’âme nous propose, si nous nous fermons à ses grandes intentions, la direction de notre vie consciente et de notre vie inconsciente se scinde, se morcelle, nous entrons dans un conflit qui dévore le plus clair de nos énergies. Beaucoup de gens se trouvent dans une telle situation sans pouvoir se rendre compte de quel côté est la bonne voie. Mais celui qui sait lire dans ses rêves les intentions de l’inconscient est doublement coupable lorsque, pour reprendre une formule ancienne, « il sait le bien mais ne le fait pas ». Souvent le « bien » a alors une tout autre allure que ce qui est prescrit par les exigences morales.

D’ailleurs, l’âme n’est’pas injuste dans ses prétentions; elle sait ce dont l’homme est capable. On est sans cesse surpris, dans la pratique psychologique, par l’équité, par la largesse de vues avec lesquelles elle partage les charges de la vie, par l’impartialité dont elle use pour s’orienter d’après les grandes lois et les grandes valeurs existentielles. Celui qui a pu se rendre compte de cette réalité aura beaucoup plus de facilités pour accepter ce que le rêve exige de lui.

Cette acceptation entraîne d’ailleurs la libération d’une foule d’énergies psychiques qui se trouvent du même coup régénérées. Quand on a dit oui à l’âme, elle se montre reconnaissante. Le rêveur a déjà pu sentir un commencement de cet afflux d’énergies au moment où l’interprétation dégageait
peu à peu le sens du rêve. On sait que ce montant énergé-tiaue provient du champ de force appartenant au symbole et au’il nous revient au moment où la conscience prend connaissance du contenu du rêve. Nous avons déjà insisté sur le fait oue ce sont des forces psychiques collectives qui ont formé le symbole humain universel. Elles se sont en même temps ramassées dans ces images qu’elles ont créées et qui forment comme un récipient dont le contenu est de l’énergie psychique condensée ; en usant d’un langage technique, on pourrait dire qu’il s’agit d’un puissant accumulateur. Les symboles seraient en même temps des transformateurs de cette énergie psychique capables de nous fournir en force. Lorsque le symbole est bien interprété, l’événement arche-typique décomposé en ses éléments et l’action onirique correctement analysée, et lorsqu’on même temps la conscience est mise en présence de la signification du rêve, ce dernier libère les énergies qui en ont formé les différents aspects ; elles reviennent à la conscience du rêveur.

On est sans cesse témoin dans la pratique psychologique de la reconnaissance éprouvée pour cette instance supérieure qui nous habite ? la psychologie complexe l’appelle le « soi » ? participant à notre vie mieux que nous ne pourrions le faire, travaillant à sa réussite, faisant, au moyen du rêve, le point de la situation afin de mieux éclairer nos insuffisances, montrant ce qui nous menace et les buts qu’il s’agit d’atteindre. Par la confiance récompensée que l’homme place en la connaissance de son soi, par l’expérience de forces nouvelles, il atteint à un calme inconnu jusqu’alors. Il sait que chaque fois que se présenteront des problèmes nouveaux, que le règlement de ses conflits marque le pas ou que l’heure est venue de faire un retour objectif et approfondi, de mener la grande lutte avec ses propres puissances, l’âme l’en instruira au moyen de son symbolisme. Il ne se perdra plus dans la confusion parce qu’il se trouvera sous le signe d’une réalité plus profonde et plus large, parce qu’il aura acquis une conscience plus élevée ; il vivra certain de toujours trouver un chemin qui le ramène à la maison. Lorsque nous sommes saisis par la profonde signification d’un grand rêve, il nous semble parfois que nous nous trouvions déjà dans ce chez soi dont le maître se sert aussi des rêves pour que nous ne nous en éloignions pas trop.

Il est nécessaire de faire quelques remarques avant d’exposer ce catalogue de symboles composé de petits textes possédant chacun une certaine unité ; elles se proposent d’éviter qu’il ne soit utilisé de la même manière qu’une quelconque « clé des songes » se recommandant d’origines orientales ou égyptiennes et qui, dans le meilleur des cas, ne représente jamais qu’un résidu incompris de l’interprétation des rêves dans l’Orient et dans l’Antiquité. Comme on sait, ces petits manuels énumèrent des symboles en regard desquels se trouve une signification unique, totalement dénuée de psychologie et qui ne tient compte que du point de vue favorable ou défavorable.

L’emploi de notre classification, qui mentionne les symboles oniriques les plus courants en leur adjoignant la signification la plus communément rencontrée, ne pourra servir le lecteur dans la considération de ses rêves que lorsqu’il aura assimilé les réflexions fondamentales de la première partie du livre. Car dans ce cas uniquement, il saura combien il est rare de ne pouvoir compter que sur une seule signification symbolique. Il saura aussi, même si le sens général d’un symbole s’est dégagé par l’étude de milliers de rêves dont le contenu symbolique est analogue, qu’il devra pourtant se poser la question : « Que signifie pour moi ce symbole ? Quel est son sens en rapport avec ma situation individuelle du moment ? » Lorsque le rêveur et lecteur sera sans cesse conscient de ce qui fait sa propre caractéristique, il pourra admettre, il reconnaîtra même avec étonnement que celle-ci plonge ses racines dans la réalité humaine la plus générale. Il pourra aussi admettre que les symboles de son rêve ont probablement une signification analogue à ceux de rêves interprétés chez tant d’autres de ses semblables, aussi longtemps que des événements personnels ne contredisent pas

cette signification au cours des commentaires. C’est celle-ci que notre exposé essaie de décrire. Mais on devra toujours se rappeler le fait que les symboles et les rêves dans lesquels ils apparaissent sont polyvalents et surdéterminés, c’est-à-dire passibles de plusieurs interprétations. L’on se trouve d’ailleurs ici devant la question souvent posée, à savoir si une connaissance limitée est plus dangereuse qu’une ignorance totale. Mais est-ce que toute prise de conscience n’a pas commencé avec une explication des choses limitée à un premier plan, avant de parvenir à une connaissance plus grande du rapport des choses en général ?

Le lecteur qui n’éprouve jamais pour ses rêves qu’une vague curiosité trouvera même difficile et déroutante une classification pourtant simplifiée à dessein. L’interprétation d’un rêve est pour lui une énigme indéchiffrable. Par contre le connaisseur du symbolisme ayant une large culture historique et psychologique pourra nous faire le reproche d’avoir trop simplifié les choses. Nous pouvons l’assurer ne pas être totalement étranger à ce qui fait l’objet de recherches et d’explorations touchant à un monde mythologique encore lointain et mal éclairé. Mais ce livre n’a pas été écrit pour un spécialiste, bien qu’il puisse se défendre honorablement devant les exigences de celui-ci.

Un homme intelligent ayant l’habitude de réfléchir sur les choses qui jouent un rôle dans ses rêves afin de comprendre ce que ceux-ci ont depuis toujours signifié à l’homme, trouvera certaines de nos explications inutiles. D’autres seront amenés par notre rapide étude des contenus symboliques à reconsidérer, à revivre à partir de ces symboles le monde de leur existence, à se faire une conception de vie nouvelle sur les bases d’une compréhension plus originelle des choses. Bien des aspects leur échapperaient si les résultats d’une psychologie analytique et interprétative des rêves ne leur venait pas en aide. Le catalogue qui suit se propose de fournir une telle aide au lecteur qui, malgré ses efforts, ne voit pas bien comment il convient de prendre un rêve. Il peut se faire alors qu’après avoir inséré dans son rêve le sens du symbole qui est indiqué ici, ce rêve lui apparaisse soudain plein de signification. Il percevra alors quelque chose dont l’âme, continuellement renfermée dans son monologue, n’aura pas voulu priver le spectateur qui se sera montré attentif.

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